Le sommet de deux jours entre le Canada et l’Union européenne s’est achevé vendredi à Montréal sur un pacte que ses auteurs appellent l’« Alliance pour l’avenir ». Mark Carney, Ursula von der Leyen et António Costa ont annoncé des accords sur le commerce numérique, les minéraux critiques et l’accès aux supercalculateurs européens, ainsi qu’une contribution canadienne à un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. Carney est allé plus loin que jamais : le Canada, a-t-il dit, travaille à devenir le premier « membre associé » de l’Union, les négociations devant aboutir en juin.

Ce statut n’existe pas, et c’est là toute la difficulté. L’Allemagne aurait qualifié la formule de ligne rouge, et elle a été retirée de la déclaration commune, qui promet plutót « une association toujours plus étroite du Canada à l’UE, en deçà de l’adhésion pleine et entière ». Les sceptiques redoutent un titre creux qui dérouterait les pays réellement candidats. Carney assure que l’alliance n’est pas une représaille mais une manière de « renforcer la souveraineté » ; Donald Trump a menacé de nouveaux droits de douane s’il la jugeait hostile.